Sommaire
- Qu'est-ce que l'analyse du parcours client sur un site ?
- Votre problème vient-il du trafic ou du site ?
- Où regarder pour trouver l'étape qui fuit ?
- Le mobile perd-il plus de visiteurs que l'ordinateur ?
- Combien vous coûte une étape qui fuit ?
- Les fuites les plus fréquentes, étape par étape
- Et si vous avez peu de trafic ?
- Questions fréquentes
- La décision à prendre
Où votre site perd-il ses visiteurs ?
Un site perd ses visiteurs à une étape précise, rarement partout à la fois. L'analyse du parcours client sur un site consiste à découper ce parcours en étapes et à compter combien de visiteurs passent de l'une à l'autre : là où le nombre chute, le site fuit. Mettre un prix sur cette fuite vous dit si elle mérite qu'on s'y attaque, et si le problème vient du site ou du trafic que vous lui envoyez.
Vous saurez repérer l'étape qui fuit, distinguer un problème de trafic d'un problème de site, et estimer ce que la fuite vous coûte avant de racheter du trafic ou de lancer une refonte.
Qu'est-ce que l'analyse du parcours client sur un site ?
L'analyse du parcours client sur un site est la mesure, étape par étape, du nombre de visiteurs qui avancent vers l'achat ou la prise de contact, et de ceux qui s'arrêtent en route. Ces étapes forment le tunnel de conversion (on dit aussi entonnoir) : la suite de pages qu'un visiteur franchit pour devenir client ou contact. Entre deux étapes, le taux de passage est la part des visiteurs qui atteignent l'étape suivante.
| Étape | Site e-commerce | Site B2B (vente entre entreprises) |
|---|---|---|
| 1. Arrivée | Page d'accueil, catégorie, page d'une publicité | Page d'accueil, article, page d'une publicité |
| 2. Intérêt | Page produit | Page d'offre ou de service |
| 3. Intention | Panier | Page contact ou demande de rendez-vous |
| 4. Résultat | Paiement validé | Formulaire envoyé |
Votre taux de conversion global (la part des visiteurs qui achètent ou envoient une demande) ne dit pas où se perdent les autres. Un taux de 1 % signifie que 99 visiteurs sur 100 sont partis ; il ne dit pas s'ils sont partis dès la première page ou au moment de payer. Le parcours découpé, lui, le dit. Ce sont deux problèmes différents, avec deux solutions différentes.
Votre problème vient-il du trafic ou du site ?
Votre problème vient du trafic si les visiteurs qui partent ne sont pas des clients potentiels ; il vient du site si des visiteurs ciblés avancent dans le parcours, puis abandonnent. C'est la première question à trancher quand vous avez du trafic mais pas de ventes, ou un site qui ne génère pas de leads (demandes de contact) : la réponse décide si l'effort porte sur les campagnes ou sur les pages.
| Signe | Plutôt un problème de trafic | Plutôt un problème de site |
|---|---|---|
| Où ça décroche | Dès la page d'arrivée | À une étape avancée : panier, paiement, formulaire |
| Comparaison par canal | Un canal chute nettement plus que les autres | Tous les canaux chutent à la même étape |
| Comparaison par appareil | Chute semblable sur mobile et sur ordinateur | Chute concentrée sur un appareil |
| Ce que font les visiteurs | Ils repartent en quelques secondes, sans faire défiler la page | Ils cliquent, reviennent en arrière, abandonnent un champ |
| Ce qu'ils cherchaient | Recherches ou ciblages sans rapport avec l'offre | Recherches sur votre offre ou sur votre nom |
Un cas mixte est fréquent : l'annonce promet une chose, la page d'arrivée en montre une autre. Le trafic est bon, la promesse ne tient pas. Le correctif peut porter sur l'annonce comme sur la page.
Comparer par canal suppose de savoir ce que chaque canal amène vraiment : du volume ou des clients. C'est l'objet de l'article Comment savoir quel canal marketing rapporte vraiment.
Où regarder pour trouver l'étape qui fuit ?
Pour trouver où les visiteurs quittent votre site, regardez d'abord les chiffres de Google Analytics 4 (GA4), qui disent à quelle étape ils partent, puis des sessions enregistrées, qui montrent pourquoi. Dans cet ordre : regarder des enregistrements au hasard prend des heures et pousse à généraliser une anecdote.
Dans GA4, deux lectures.
- Les pages de sortie. GA4 n'affiche pas de taux de sortie : dans le module Explorer, il compte les « Sorties » de chaque page, c'est-à-dire le nombre de sessions qui s'y terminent. Rapportées aux vues de la page, elles donnent son taux de sortie : la part des vues après lesquelles le visiteur quitte le site. Un taux élevé est normal sur une page de confirmation de commande ; il ne l'est pas sur une page panier.
- L'exploration de l'entonnoir. Dans le module Explorer de GA4, vous déclarez les étapes de votre parcours ; GA4 affiche le nombre de visiteurs à chacune et la part qui abandonne entre deux. Cet entonnoir de conversion GA4 se ventile par appareil ou par canal : c'est là que se tranche la question « trafic ou site ».
Cette lecture n'est juste que si chaque étape est bien suivie. Un ajout au panier ou un formulaire envoyé qui n'est pas enregistré comme événement fausse tout l'entonnoir.
Les cartes de clics et les enregistrements de sessions. Une carte de clics (heatmap) montre où les visiteurs cliquent et jusqu'où ils font défiler une page ; un enregistrement de session rejoue, de façon anonyme, la visite d'un internaute. Ensemble, ils révèlent les points de friction : tout ce qui ralentit ou bloque un visiteur décidé, comme un bouton qui ne réagit pas, un champ refusé sans explication ou des frais découverts au dernier moment.
Microsoft Clarity est gratuit et propose les deux, ainsi que le repérage des « clics de colère » (clics répétés au même endroit). Des outils comme Contentsquare ou Hotjar (même groupe), dans leurs offres payantes, ajoutent des analyses plus poussées ; leur intérêt croît avec le volume de trafic et le nombre d'équipes qui s'en servent.
Le mobile perd-il plus de visiteurs que l'ordinateur ?
Oui, en moyenne : selon le Digital Experience Benchmark 2026 de Contentsquare, publié en mai 2026 par cet éditeur d'outils d'analyse, le mobile représente 69,9 % du trafic, mais le taux de conversion sur ordinateur est 74 % plus élevé que sur mobile. L'étude porte sur 99 milliards de sessions web et d'applications, sur plus de 6 000 sites ; elle ne précise ni les pays couverts ni la définition exacte de la conversion.
Une partie de cet écart peut être normale : un internaute peut comparer sur son téléphone, puis acheter ou demander un devis sur ordinateur. Un taux de conversion mobile plus bas ne prouve donc pas, à lui seul, que votre version mobile est mauvaise.
Ce qui compte chez vous, c'est l'endroit où l'écart se crée. Comparez le taux de passage de chaque étape, mobile contre ordinateur. Si l'écart est à peu près le même partout, il tient plus probablement aux habitudes des visiteurs. S'il se creuse à une étape précise, comme le paiement ou le formulaire, il tient au site.
Deux points méritent un contrôle sur mobile :
- Les formulaires. En 2025, selon le benchmark de Zuko, éditeur d'outils d'analyse de formulaires (93 millions de sessions, tous secteurs), 55,5 % des visiteurs qui commencent un formulaire l'envoient sur ordinateur, contre 47,5 % sur mobile. Sur mobile, plus d'un formulaire commencé sur deux n'est donc pas envoyé.
- La vitesse. Fin 2019, une étude commandée par Google et menée par l'agence 55 et le cabinet Deloitte sur 37 sites de marques européennes et américaines a observé, pour 0,1 seconde gagnée sur le chargement mobile, un taux de conversion en hausse de 8,4 % sur les sites de distribution et 21,6 % d'internautes en plus allant jusqu'à l'envoi du formulaire (la page de confirmation) sur les sites de génération de contacts (web.dev, « Milliseconds Make Millions »). L'étude a près de sept ans : retenez un ordre de grandeur, pas un barème.
Combien vous coûte une étape qui fuit ?
Une étape qui fuit vous coûte le nombre de visiteurs qui y arrivent, multiplié par les points de taux de passage que vous pourriez regagner, multiplié par ce que vaut un visiteur qui franchit l'étape. Ce calcul transforme un pourcentage abstrait en euros, et permet de comparer deux décisions : corriger l'étape, ou acheter plus de trafic.
Exemple entièrement fictif : une boutique en ligne et une PME B2B, chacune avec une étape qui fuit.
| Boutique en ligne | PME B2B | |
|---|---|---|
| Étape qui fuit | Du panier au paiement | De la page contact au formulaire envoyé |
| Visiteurs à l'étape, par mois | 2 000 paniers | 300 visites de la page contact |
| Taux de passage actuel | 40 % : 800 paiements commencés | 20 % : 60 demandes |
| Suite du parcours | 75 % des paiements aboutissent : 600 commandes | 1 demande sur 10 devient un contrat |
| Valeur | Panier moyen de 80 € : 48 000 € par mois | Contrat moyen de 15 000 € : 1 500 € par demande |
| Si le taux de passage gagne 5 points | 45 % : 675 commandes, soit 6 000 € de ventes en plus par mois | 25 % : 75 demandes, soit 22 500 € de chiffre d'affaires potentiel en plus pour chaque mois de demandes |
Dans cet exemple, la boutique gagne 75 commandes par mois sans un visiteur de plus. Pour obtenir ces 75 commandes en achetant du trafic, à taux de conversion inchangé, il lui faudrait 12,5 % de visiteurs en plus, chaque mois. Comparez ensuite ce que coûterait la correction de l'étape à ce que coûteraient 12,5 % de visiteurs en plus chaque mois : la moins chère des deux passe en premier. Raisonnez ensuite sur la marge : 6 000 € de ventes en plus ne valent pas 6 000 € de gain.
Le même calcul, étape par étape, classe vos fuites. L'étape à corriger en premier n'est pas celle qui a le pire taux : c'est celle où un point gagné rapporte le plus, à effort comparable. Corriger ces étapes une à une, et mesurer l'effet de chaque changement, c'est le travail d'optimisation de la conversion.
Les fuites les plus fréquentes, étape par étape
Les fuites se concentrent sur quatre moments du parcours : l'arrivée, la page qui doit convaincre, le panier ou la page contact, le paiement ou le formulaire. Le tableau donne, pour chacun, le signe à repérer dans vos chiffres et la cause qui revient souvent.
| Étape | Signe dans les chiffres | Cause fréquente |
|---|---|---|
| Page d'arrivée | Départs rapides, peu de défilement | Promesse de l'annonce absente de la page, page lente, visiteurs hors cible |
| Page produit ou page d'offre | Beaucoup de vues, peu de passages à l'étape suivante | Prix, délai ou preuve introuvables ; bouton peu visible sur mobile |
| Panier | Ajouts nombreux, peu de paiements commencés | Frais de livraison découverts tard, création de compte obligatoire |
| Paiement | Paiements commencés, peu de commandes validées | Moyen de paiement attendu absent, erreur, validation bancaire qui échoue |
| Page contact (B2B) | Visites, peu de formulaires commencés | Aucune idée de ce qui suit la demande, un seul choix « Nous contacter » |
| Formulaire (B2B) | Formulaires commencés, peu envoyés | Trop de champs, champ refusé sans explication, question sur le budget posée trop tôt |
Chaque ligne a ses propres causes et ses propres correctifs. Le parcours chiffré sert à savoir laquelle traiter en premier.
Et si vous avez peu de trafic ?
Avec peu de trafic, les pourcentages trompent : sur 20 visiteurs, passer de 20 % à 30 % de taux de passage, c'est deux personnes de plus, pas une tendance. Le parcours reste utile, mais se lit autrement.
- Comptez en nombres, pas en pourcentages. « 14 personnes ont ouvert le formulaire, 3 l'ont envoyé » dit plus qu'un taux de 21 %.
- Allongez la période. Un trimestre plutôt qu'une semaine, pour que chaque étape compte assez de visiteurs.
- Regardez les sessions une par une. Avec quelques dizaines de visites par jour, vous pouvez visionner une bonne partie des sessions qui atteignent la page contact ou le panier.
- Demandez. En B2B, chaque contact compte : interrogez les prospects qui ont fini par appeler sur ce qui a failli les faire renoncer.
- Ne lancez pas de test A/B (deux versions d'une page montrées en parallèle à des visiteurs différents). Sans volume, le test ne départage rien ; corrigez les points de friction évidents et comparez avant et après, sur une période assez longue.
Questions fréquentes
Quel est un bon taux de conversion pour un site ?
Il n'existe pas de bon taux universel : il dépend du secteur, de l'appareil, du canal et de ce que vous comptez comme conversion. À titre de repère, selon le Digital Experience Benchmark 2026 de Contentsquare, les visiteurs connus convertissent à 2,9 % et les nouveaux visiteurs à 1,7 %, sur les sites suivis par cet éditeur d'outils. En B2B, il n'existe pas, à ce jour, de repère public et fiable : les taux qui circulent ne publient ni échantillon ni méthode. Le repère qui compte est le vôtre : votre taux, étape par étape, d'un mois sur l'autre.
Quelle différence entre taux de sortie et taux de rebond ?
Le taux de sortie d'une page est la part de ses vues après lesquelles le visiteur quitte le site ; dans GA4, il se calcule à partir des « Sorties » du module Explorer. Le taux de rebond, dans Google Analytics 4, est la part des sessions sans engagement : selon l'aide Google Analytics, des sessions de 10 secondes ou moins, sans événement clé (une action que vous avez déclarée comme objectif) et avec moins de deux pages ou écrans vus. Le rebond juge l'arrivée ; la sortie montre où le parcours s'arrête.
Microsoft Clarity et GA4 suffisent-ils, ou faut-il un outil payant ?
Pour la plupart des PME, ils suffisent pour commencer : Google Analytics 4, gratuit dans sa version standard, dit à quelle étape les visiteurs partent ; Microsoft Clarity, gratuit, montre comment. Un outil payant se justifie avec un fort trafic, plusieurs équipes qui analysent les mêmes parcours ou des besoins d'analyse plus fins. Le frein est rarement l'outil : c'est un suivi mal configuré, ou personne pour lire les chiffres et décider.
En B2B, sans paiement en ligne, qu'est-ce qu'un tunnel de conversion ?
C'est la suite d'étapes qui mène un visiteur jusqu'à la demande de contact : arrivée, page d'offre, page contact, formulaire envoyé. Il se prolonge ensuite dans le CRM (le logiciel de gestion des contacts et des ventes) : rendez-vous, proposition, signature. Une fuite après le formulaire ne se voit pas dans GA4 : il faut relier les demandes du site à ce qu'elles deviennent dans le CRM.
Combien de temps faut-il pour savoir où mon site perd ses visiteurs ?
Si les étapes sont déjà suivies dans GA4, quelques jours suffisent pour repérer l'étape qui fuit. Si elles ne le sont pas, il faut d'abord configurer le suivi, puis laisser s'accumuler assez de visites : comptez quelques semaines, davantage avec peu de trafic. Comprendre pourquoi l'étape fuit demande ensuite de regarder des sessions enregistrées sur cette étape.
La décision à prendre
Avant de racheter du trafic ou de refaire le site, mettez un chiffre sur chaque étape du parcours. Si la fuite est en haut et touche un canal, c'est le trafic : revoyez le ciblage et les promesses de vos campagnes. Si elle est plus bas et touche tous les canaux, c'est le site : corrigez l'étape qui coûte le plus, puis la suivante.
Vous voulez savoir à quelle étape votre site perd ses visiteurs, et ce que ça vous coûte ? C'est l'objet de l'audit CRO.

